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Déclaration d'intentions

Paris 8 autrement

Des États généraux pour un projet politique ambitieux



Le renouvellement des conseils centraux est une chance et une nécessité pour notre université: celles d’affirmer une ambition collective face à la désincarnation marchande et technocratique ; celles de redéfinir un projet politique et démocratique pour Paris 8. Nous savons d’expérience que le réalisme pragmatique et l’impuissance gestionnaire ne peuvent qu’exacerber ce qui nous est présenté journellement comme crise, des idées et des valeurs. C’est l’ambition politique et la volonté de faire qui manquent à ceux qui ne nous proposent que de poursuivre ce chemin mortifère.

L’université est un service public, et non un marché

L'enjeu des élections prochaines tient d’abord à notre pouvoir et notre volonté d’affirmer que l'université ne sera jamais une entreprise, sinon au risque de sa disparition, et de peser tous ensemble pour obtenir les moyens dignes d’un service public.

Face aux logiques de marchandisation des savoirs et de mise en concurrence des établissements, des diplômes, des équipes d’enseignants et de chercheurs, nous vous proposons de construire et consolider des alternatives de service public en matière de formation initiale, de formation permanente ou d’éducation tout au long de la vie. Nous récusons une politique d’autonomie des universités et de mise en oeuvre du LMD qui accroît la concurrence et la hiérarchisation entre établissements et entre filières. Nous vous proposons d’y opposer une qualité des formations et de la recherche fondée sur les partenariats entre équipes d’enseignement et de recherche. Nous demeurons attachés au principe d’un référentiel national, voire européen, des diplômes, garantie de qualité et de mobilité possible pour les étudiants, ainsi qu’au monopole de délivrance des masters par les universités. Et nous travaillerons à ce que ces principes s’appliquent au sein même de notre université.

L’enseignement et la recherche doivent reposer d’abord sur des financements publics, pérennes et suffisants. Cela passe notamment par une hausse conséquente des moyens financiers et en personnels, enseignants et IATOSS, afin de porter la dépense publique française pour l’Université au niveau des autres pays européens. Le financement de la recherche par contrats ou actions concertées ne doit pas se faire, comme c’est le cas dans les mesures et projets gouvernementaux, au détriment des financements récurrents, seule garantie de continuité et d’autonomie du travail des équipes. La recherche ne saurait être assujettie à des logiques de rentabilité immédiate ou d’innovation à court terme.

Pas plus que la recherche, l’enseignement ne peut être soumis au marché. Par exemple le renforcement du rôle de Paris VIII dans l’accueil d’étudiants étrangers et les collaborations internationales doit obéir à une logique de coopération et de développement et non à la logique marchande de l’agence Edufrance mise en place par le ministère. La formation permanente ne peut pas être la porte ouverte à une délivrance parallèle de diplômes, hors des procédures académiques qui en garantissent la qualité et la légitimité.

Une synergie enseignement - recherche

Malgré les difficultés faites à nos équipes de recherche, Paris 8 reste une Université reconnue pour le dynamisme de ses équipes, l’inventivité de leurs démarches, la qualité de leurs travaux. Dans le même temps Paris VIII, est non seulement une des universités françaises dont les proportions d’étudiants issus des milieux populaires ou titulaires de baccalauréats technologiques ou professionnels sont les plus importantes, mais elle est aussi celle dont la probabilité de réussite en DEUG et en Licence est la plus faible.

Ce grand écart est depuis des années un des défis majeurs que nous avons à relever. L’ignorance par la direction de notre université de ce défi a conduit à accroître le clivage interne entre des formations de premier cycle « massifiées » mais sélectives, et des Masters et Doctorats recrutant de moins en moins localement. Une telle évolution, que renforceraient les projets ministériels de pôles régionaux de recherche sous contrat, serait à terme dramatique tant pour la qualité de la formation initiale que pour la qualité et la pertinence des recherches. Ambition intellectuelle, recherche de qualité et démocratisation de l’accès à l’Université doivent être mises en synergie, ce qui requiert de renforcer, plutôt que de distendre, les liens entre enseignement et recherche, entre les cycles, et donc de refuser que les enseignements de premier cycle soient attribués à des collègues qui ne feraient plus de recherche ou seraient mis dans l’impossibilité d’en faire.

Les nécessaires collaborations et formations interdisciplinaires doivent reposer sur les formations disciplinaires qui en sont la base. De même, les formations professionnalisantes, si elles ne veulent pas subir la loi du marché du travail et des logiques de marchandisation, ni être la caution des logiques de désengagement financier de l’État doivent et peuvent, être, au contraire, une confrontation fructueuse aux situations contemporaines et une occasion pour l’université d’être force de proposition en matière de qualification et de profils de métiers.

Or le passage à marche forcée au LMD, relayant de manière a-critique les cadres imposés par le ministère, a fait l’impasse sur ces questions au risque de nous faire perdre de vue le sens même de nos missions. Elles demeurent d’actualité, car ces défis ne seront relevés qu’en s’appuyant sur une réflexion collective, une mise en commun et en débat des expériences des départements, des diplômes et des équipes, stimulée par la volonté de faire entendre la voix de Paris 8 dans les grands débats nationaux et européens concernant l’Université et son rôle dans la société contemporaine.

La démocratie, moteur de nos ambitions

Il est urgent et vital de rompre avec la logique conjointe de la gestion autoritaire et de la fragmentation des politiques pédagogiques et de recherche. L’absence de projet à l’échelle de l’Université est une conséquence mais bien plus encore une cause de la dégradation du travail collectif, de la concertation et de la transparence, de la montée du pouvoir d’instances, statutaires ou non, au départ purement consultatives (Bureau de l’université, réunion des vice-présidents, des directeurs d’UFR…), au détriment des instances élues, de la dégradation des conditions de travail et d’étude dont souffre de plus en plus Paris 8. La période récente d’élaboration de notre offre de formation dans le cadre de la réforme LMD a été l’illustration d’un mode de gestion qui, faute de projet et de débat, a alimenté la logique de concurrence entre diplômes, entre équipes, entre disciplines dont la réforme était porteuse, jusqu’au paroxysme de quelques crises ouvertes dont personne n’est sorti indemne.

Il nous faut renouer avec une démocratie universitaire basée sur l’élaboration collective, sur la compétence et la déontologie des personnels. Il faut redonner vie aux conseils et à toutes les instances élues, aux activités desquelles leurs membres doivent s’engager à participer régulièrement, dont les ordres du jour, les débats et les décisions doivent être portés systématiquement à la connaissance de tous et dont les bureaux doivent être le reflet de la diversité des listes ayant des élus. Toutes les instances élues (conseils, bureau et Présidence) doivent rendre compte de la manière dont elles exercent leurs mandats concernant aussi bien la gestion de notre Université que sa représentation auprès des Ministères ou de la CPU. Elles doivent exercer ces mandats en tant que représentantes d’une université force de proposition et de débat critique sur les questions de politique universitaire et de recherche, et non comme courroies de transmission des instances et des logiques gestionnaires..

Pour des Etats généraux de Paris 8 !

Nous nous engageons à lancer, dès le début de la mandature, des Etats généraux de Paris 8 auxquels tous les membres de notre communauté seront conviés à contribuer, afin de dresser le bilan pédagogique, matériel, financier de notre université et d’élaborer ensemble les objectifs et les dynamiques d’un projet collectif ambitieux. Ce travail devra porter :

• sur la façon de répondre ensemble aux défis qui nous sont lancés quand au rôle de l’Université aujourd’hui ;
• sur nos expériences et nos projets d’enseignement, de recherche, et de professionnalisation,;
• sur l’avenir des disciplines et des instances nationales de régulation (CNU, CN du CNRS) ;
• sur la place de Paris 8 dans son territoire, sur un rôle plus riche et plus large de la maison des sciences de l’homme,
• sur l’amélioration des conditions de travail et d’étude pour tous.

Paris 8 ne peut pas se contenter d’être une université « comme les autres » dans le réalisme pragmatique ambiant, encore moins de ressasser une identité passée comme un alibi pour les renoncements à venir. À une époque où la recherche et les chercheurs ont su se mettre au cœur du débat social et politique, et dans la situation urbaine, géographique et sociale qui est la nôtre, l’ambition de Paris 8 doit être de contribuer à l’inventivité et au dynamisme de l’Université dans son ensemble en étant fidèle à elle-même: créatrice et exemplaire dans ses choix, dans ses pratiques, dans ses résultats.

Liste des collègues qui à ce jour soutiennent ou participent à la démarche du collectif Paris 8 Autrement


Date de création : 04/11/2005 @ 15:01
Dernière modification : 01/06/2006 @ 10:56
Catégorie : Textes du collectif
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par nb le 14/11/2005 @ 00:46

Enfin!!!!   FdNe

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