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CR CA 041006

Compte rendu du Conseil d’Administration du mercredi 4 octobre 2005


(Mireille Séguy pour P8 Autrement)



1- Le Conseil s’ouvre sur une information du Président concernant le CPER (Contrat de Plan Etat-Région). P. Lunel réaffirme son inquiétude quant à l’implantation de l’EHESS à la Plaine Saint-Denis (déjà votée) et à la demande d’entrée de Cap Digital dans le CPER. Dans ce contexte, il nous appartient de défendre encore plus vigoureusement notre projet de construction d’un bâtiment consacré à la recherche. F. Castaing prend la parole pour suggérer la demande d’une enveloppe exceptionnelle pour l’Université, ce à quoi P. Lunel acquiesce.

2- Avant de procéder à l’élection du Vice-Président, B. Bétant présente une nouvelle fois le projet de convention présenté par le SCUIO (« Interfaces compétences ») concernant l’accompagnement des étudiants en difficulté. Le vote sur cette convention avait été repoussé lors du dernier CA faute d’informations sur son mode de financement. Renseignements pris, la convention est financée par une partie de la subvention exceptionnelle accordée par l’Etat dans le cadre du programme sur l’égalité des chances (50 000 euros attribués au total à P8). La convention est votée à l’unanimité sauf deux abstentions, motivées par le fait que le réexamen de la convention ne figurait pas à l’ordre du jour.

3- Election du Vice-Président du CA.

Deux candidats sont en lice, Gilles Bernard, (professeur au département d’informatique, membre de la liste P8 Autrement) et Edouard de Penguilly (personnalité extérieure représentant l’association Plaine Commune Promotion).
Chaque candidat dispose de 20mn de parole.

Désigné par tirage au sort, E. de Penguilly s’exprime le premier.
Il commence par présenter un bref CV destiné à témoigner de sa motivation. Soixante ans, chef d’entreprise, il a effectué des études universitaires à Nantes et à Rennes et a été chargé de cours dans deux Instituts d’urbanisme avant d’intégrer le monde de l’entreprise. En tant qu’étudiant, il a été représentant syndical et a participé à l’Assemblée constituante de l’Université de Nantes. Il est aujourd’hui administrateur de plusieurs organismes pour la plupart liés à l’aménagement du territoire et a fondé Plaine Commune Promotion, association rassemblant plusieurs acteurs de la Seine-Saint-Denis (associations, monde de l’entreprise, milieux scolaire et universitaire). Il a été l’initiateur du programme « Nos lycées, une mosaïque de talents » destiné à favoriser la rencontre entre lycéens (essentiellement issus de filières professionnelles) et grandes entreprises. Sa société a son siège à Saint-Denis depuis 10 ans.
E. de Penguilly rappelle ensuite que l’un des objectifs premiers de l’Université de Vincennes était de favoriser l’intégration harmonieuse des étudiants dans la société et souligne l’actualité d’un tel objectif. Il axe son intervention sur la nécessité de renforcer les liens entre le « monde extérieur », et en particulier le monde de l’entreprise, et l’Université, conçue comme le lieu d’accumulation des savoirs. Pour ce faire, il faudrait mettre en mouvement toutes les ressources de l’Université (étudiants, enseignants, enseignants-chercheurs, personnel IATOSS, personnalités extérieures) pour augmenter son rayonnement et améliorer sa capacité à s’adapter au monde du travail.

Gilles Bernard présente lui aussi brièvement son parcours (études à Jussieu en informatique et en linguistique, mais aussi en psychologie et en chinois ; arrivée à P8 vers 1983, où il commence par être assistant au département de littérature française ; participation à la fondation du laboratoire « Paragraphe »). Il souligne son intérêt pour le développement des études interdisciplinaires (longue présence à la coordination des premiers cycles), et conclut en rappelant sa participation à différents Conseils d’UFR, commissions pédagogiques, Conseils d’Administration où il a participé aux commissions « IATOSS » et « Critères ».
Il commence sa profession de foi proprement dite en soulignant que le poste de VP du CA n’est pas selon lui un poste de pouvoir. Le VP a pour mission d’organiser les débats qui mènent le CA à prendre des décisions. Il pointe à ce sujet deux défauts majeurs dans le processus de prise de décision au CA :
- les éléments d’information concernant les différents dossiers que les administrateurs doivent traiter leur parviennent trop tard.
- le suivi des décisions est beaucoup trop opaque, l’exécutif (la Présidence) n’informant pas suffisamment les administrateurs de l’application concrète des décisions du CA.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, il propose, s’il est élu, de mettre en place une nouvelle méthode de travail, organisée en deux temps. Dans un premier temps, il s’agirait de rendre transparent le processus de travail qui mène à la décision (connaissance du calendrier qui régit l’étape de maturation de la proposition, identification des organismes qui y participent). Dans un second temps, il faudrait mettre en place un « système d’alerte » : à chaque étape franchie, les administrateurs devraient être informés de la forme prise par la proposition et des difficultés rencontrées le cas échéant (sous forme de mail, ou de page web en consultation restreinte). Ce système permettrait aux administrateurs de suivre l’élaboration d’une proposition pratiquement en temps réel et d’intervenir plus tôt dans le processus s’il le faut. Il pourrait également fonctionner pour la question du suivi des décisions. Dans le même ordre d’idées, G Bernard propose de mettre en place la mise en ligne (avec consultation réservée aux administrateurs) des élements du budget avec textes explicatifs et détail des dépenses. Il évoque la possibilité de doter la salle des conseils d’écrans tactiles donnant accès à Internet et permettant de consulter les CR archivés. Il conclut ce point en plaidant pour un droit de regard du CA sur le budget du quadriennal, qui, comme le veut la loi, est sous le contrôle du Président.
GB observe pour finir que l’Université se trouve à la veille de changements profonds dans les rapports qu’elle entretient avec son environnement. Il s’agit de se donner les moyens de maîtriser ces changements par une concertation accrue entre les différents conseils et par la prise en compte de l’ensemble des sensibilités politiques et des catégories socio-professionnelles représentées au sein de ces conseils. Autrement dit, il faut renforcer l’appareil législatif (les Conseils) et améliorer son articulation avec l’exécutif (la Présidence).

Un long débat s’engage, chaque candidat répondant aux questions qui lui sont nommément adressées ou (plus rarement) qui sont posées aux deux candidats à la fois. B. Giblin, F. Castaing, M. Poupon-Buffière, G. Mairet, J. Brafman, V. Pelay, M. Juhan, F. Crémoux et S. Ionescu posent chacun plusieurs questions.
- B Giblin à E. de Penguilly : après avoir salué la qualité de son engagement au sein du CA, B. Giblin s’interroge sur la capacité d’E de P, chef d’entreprise, à se rendre disponible pour assumer la tâche de VP. Celui-ci répond qu’il y a réfléchi et trouvé les moyens d’assumer pleinement la tâche de VP.
À G. Bernard : B. Giblin revient sur la dissociation opérée par GB entre « exécutif » et « législatif » : le CA prend aussi des décisions et, en ce sens, relève pleinement de l’exécutif. GB répond que ces définitions peuvent effectivement être réductrices, même si l’on ne peut nier que le Président représente le noyau du pouvoir exécutif.

- F. Castaing à E. de Penguilly : F. Castaing remercie E de P pour son intervention, qui montre l’intérêt de sa participation active au CA, mais en pointe quelques faiblesses : E de P n’a pas précisé comment le CA devait s’appuyer sur l’engagement de ses personnels. Il n’a pas éclairci la question de l’effectivité d’une décision dans sa mise en oeuvre. E de P répond que le CA est un lieu de travail et de débat. Le rôle du VP est de favoriser la tenue des débats et non de décider. Il doit assurer la clarté des prises de décision et la mise en mouvement des diverses composantes du Conseil.
à G. Bernard : quel pourrait être le rôle du Bureau de l’Université dans le rééquilibrage des pouvoirs que GB appelle de ses voeux ? GB réaffirme la nécessité de renforcer l’interaction entre les différents conseils, et observe que le rôle du Bureau doit être clarifié et redéfini.

- M. Poupon-Buffière à GB : de quelle nature sont les changements profonds dont il a fait état ? Quels sont les objectifs que doit se fixer l’université pour être capable d’affronter ces changements ? GB identifie ces changements comme étant à la fois humains et politiques : passage au LMD, renouvellement des personnes, question de la privatisation de l’Université.
à E de P : quels conseils pragmatiques peut-il donner pour inscrire l’Université dans le monde du travail ? E de P affirme qu’il faut d’abord mieux identifier les besoins de l’entreprise puis établir une plus grande convergence entre Université et monde du travail. L’Université rencontre des problèmes de réactivité : monter une licence professionnelle, par exemple, prend beaucoup trop de temps. Elle devrait également veiller à rendre les étudiants davantage égaux dans l’utilisation du langage, l’une des clés de l’adaptation au monde extérieur et en particulier au monde de l’entreprise.

- G. Mairet à GB : dans sa présentation, GB a observé qu’il était « curieux, mais fidèle ». Fidèle à quoi ? A l’institution, répond GB. Il se conçoit comme un serviteur de l’Etat.
Aux deux candidats : G. Mairet reprend la question de l’articulation entre « exécutif » et « législatif » : quel ordre donner aux décisions prises par les trois Conseils ? Quelle place accorder au VP du CA dans la concertation des trois Conseils ? G. Bernard affirme que s’il faut effectivement développer la concertation entre les trois Conseils et mieux partager les outils de travail et les critères, chacun reste autonome et décide selon son point de vue. E de P insiste sur la nécessité d’organiser le débat, et sur le fait que les trois Conseils devraient trouver leur point de convergence dans la personne du Président.

- J. Brafman (Conseil Régional). Après avoir affirmé qu’il ne croit pas aux hommes providentiels et qu’un candidat doit s’appuyer sur une équipe qui impulse une dynamique, il pose aux deux candidats deux questions : celle de la préparation collective de leur candidature et celle du facteur de réussite au sein de l’Université : quelles résistances l’Université peut-elle mettre en oeuvre pour mettre un frein aux processus d’écrémage et d’échec dont les étudiants sont victimes ? E de P renvoie, pour la première question, à la présentation de son CV. Pour répondre à la seconde question, il met en avant l’importance de la recherche à l’Université et la nécessité de sa diffusion. Il souligne que les entreprises ont aussi leur responsabilité dans le manque d’intégration des jeunes dans le monde du travail. GB rappelle quant à lui qu’il a été élu sur la liste P8 Autrement. Il observe cependant que le VP doit privilégier la concertation au sein du CA et non pas un point de vue de liste. Pour la seconde question, il souligne que le savoir délivré au sein de l’Université n’est pas un savoir exactement quantifiable, ce qui pose un problème d’articulation avec le monde du travail, qui, lui, privilégie le quantifiable.

- M. Pelay (étudiante) : pose au deux candidats la question de la place qu’ils entendent donner aux élus étudiants (la formation des administrateurs étudiants reste à faire) et, plus particulièrement, au Vice Président Etudiant (VPE). Pour E de P, cette question est davantage du ressort du Président que de celui du VP du CA. Il rappelle qu’il a été un élu étudiant, et insiste sur le rôle moteur que les étudiants doivent jouer au sein de l’Université, si leur participation va dans le sens de l’esprit commun et ne privilégie pas systématiquement les problèmes uniquement catégoriels. Il se prononce en faveur de la création d’un conseil autour du VPE. GB exprime sa satisfaction que la VPE existe, mais souligne qu’il reste à lui fixer un rôle clair. Le VPE devrait être un invité permanent du CA et du Bureau. Il affirme la nécessité de la formation des administrateurs étudiants.

- M. Juhan La tâche du VP est lourde et difficile. Il doit faire face à des contraintes externes (imposées par le Ministère) et à des contraintes internes (l’Université de P8 n’est pas facile à gérer). Est-ce que les deux candidats se sentent l’âme d’un fédérateur ? GB répond qu’il a conscience de la difficulté de la tâche, et réaffirme l’importance de la concertation pour remplir au mieux cette tâche. Il observe que l’on peut aussi tenter d’influencer les décisions du Ministère au lieu de subir sa contrainte. E de P revient sur son association, Plaine Commune Promotion, qui rassemble plusieurs univers. Cette association est un lieu de débats et de mise en mouvement des énergies en présence. Son expérience au sein de cette association et le fait même qu’il n’appartient à aucun groupe et à aucune liste le placent selon lui en situation d’être, plus qu’un autre, un fédérateur.

- F. Crémoux : à E de P : son investissement au sein du CA est réel. S’il est élu VP du CA, que pourrait-il faire, concrètement, pour améliorer le taux de recrutement des docteurs au sein de l’entreprise, pour l’instant si faible ? E de P met en avant son implication dans les espaces de rencontre qui existent déjà entre les deux mondes (recherche universitaire / entreprises), en particulier dans la manifestation « Savants de Banlieue ».
à GB : Quel espace dispose le VP du CA, par rapport au Président, pour définir une politique ? GB répète que le rôle du VP est d’être au service des débats, et non au service du Président. On peut compter sur lui, conclut-il, pour défendre les décisions du CA auprès du Président.

- S. Ionescu clôture les débats, en une sorte de bouquet final, par trois questions inspirées de sa pratique de psychologue.
à GB : les psychologues qui étudient la douleur se posent trois questions : celle de sa source, celle de son intensité et celle de la thérapie à adopter. GB a évoqué les « choix douloureux » que l’Université devrait faire. Mais il n’a parlé que de la thérapie (une large concertation) ; qu’en est-il de la source et de l’intensité de la douleur ? GB identifie plusieurs sources : le Ministère et la société, d’abord, puis l’argent, la réalisation du LMD, le problème des décentralisations, la précarisation des postes.
À E de P : Les psychologues évaluent le profil psycho-professionnel (« psychoprofessiogramme ») d’un candidat pour mesurer sa capacité à occuper le poste qu’il vise. Quel est selon E de P le psychoprofessiogramme idéal d’un Président d’Université ? A ce moment, P. Lunel intervient pour indiquer qu’il peut sortir de la salle afin qu’E de P se sente parfaitement libre de répondre à cette question. E de P répond que selon lui l’équipe de travail que constituent le Pdt et le VP du CA doit se former en relation avec un débat et non autour d’une entente en amont. Le Pdt doit considérer que le bien commun est supérieur et avoir l’ouverture d’esprit qui lui permet de créer et de maintenir l’harmonie entre les VP.
Aux deux candidats : Quelle trace pensent-ils pouvoir laisser, s’ils sont élus, dans l’histoire de P8 ? Seront-ils des VP que l’on regrettera ? Quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ? GB affirme ignorer s’il sera ou non regretté (brève allusion à l’expérience de Churchill), surtout si comme il le pense l’Université a des choix douloureux à faire. Il identifie sa qualité principale comme étant la ténacité et reconnaît s’emporter facilement, mais brièvement. D’autre part, s’il a des idées tranchées sur certaines questions, il écoute tous les points de vue et peut changer d’avis. E de P affirme que c’est le désir d’être utile qui doit présider à la candidature. Il pense donner l’image de quelqu’un qui a déjà pu l’être. Il estime pouvoir générer des synergies et de faire en sorte que le positif s’exprime en chacun. Il regrette son impatience par rapport à cet objectif, impatience génératrice de souffrance, et donc de vulnérabilité. Il juge cependant que son attitude, d’écoute et de modestie, peut tempérer ce défaut.

P. Lunel se félicite, à juste titre, de la bonne tenue et de la courtoisie des débats. Après une brève suspension de séance, demandée par F. Crémoux, est procédé au vote.
Il y a 28 votants.
Au premier tour, sur 28 bulletins, G. Bernard recueille 18 voix (majorité absolue), E. de Penguilly 8. Deux bulletins sont blancs. G. Bernard est élu Vice Président du CA.


F. Castaing prend la parole pour remercier B. Bétant de son travail en tant que VP. Les administrateurs s’associent à cette intervention en applaudissant B. Bétant. A l’applaudimètre, le Président obtient un succès plus mitigé.



Date de création : 11/10/2006 @ 16:13
Dernière modification : 29/10/2006 @ 01:20
Catégorie : CR Conseils
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